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Sport et handicap

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Christophe PALAZZOLO

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Pôle National Ressources Sports et Handicaps


Aujourd’hui, le handicap est une expression qui appartient au vocabulaire de la loi, de l’action administrative et de la vie de tous les jours. C’est à travers ce terme que l’on aborde communément la problématique de l’altérité, de la différence.

Cette étiquette de « handicap » ou de « personne handicapée » regroupe un grand nombre de personnes. On a coutume de distinguer 4 grands types de déficiences :

- déficience motrice
- déficience intellectuelle
- déficience auditive
- déficience visuelle

Les informations présentées sont des informations générales qui ont pour objectif de favoriser la relation avec les personnes en situation de handicap et donc de faciliter leur encadrement. Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que les besoins, les attentes des personnes varient non seulement avec le handicap (personne se déplaçant en fauteuil électrique ou manuel, avec des béquilles, personne sourde ou malentendante, personne aveugle ou malvoyante, personne handicapée mentale) mais aussi en fonction de la personne et de la personnalité. En conséquence, il faut se garder de toute généralisation hâtive. Quatre pictogrammes permettent d’identifier les types de déficiences et permettent d’affiner l’accueil en fonction des besoins spécifiques de chacun.

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La Déficience Motrice

Quelques chiffres : On estime que 8 millions de personnes, soit 13,4 % de la population française totale, souffre de déficiences motrices et que environ 150 000 personnes utilisent un fauteuil roulant. 15 000 personnes sont licenciées à la Fédération Française Handisport.

A savoir :

La déficience motrice affecte tout ou partie du corps et peut entraîner des difficultés de communication ou de contrôle des gestes, sans pour autant altérer les capacités intellectuelles de l’individu. Pour compenser la déficience motrice, la personne utilise souvent des aides techniques : cannes, prothèses, orthèses, déambulateur, fauteuil roulant manuel, fauteuil roulant électrique... Pour les personnes en situation de handicap moteur, la mise en accessibilité des bâtiments, des transports, des lieux de pratique d’activité est capitale. Non adaptés, ils entravent leurs possibilités de déplacement et renforcent la dépendance ou l’exclusion, créant ainsi la véritable situation de handicap. Aménagés, sans obstacles, ils procurent une liberté de mouvement. Les aménagements sont édictés par de nombreux décrets sur l’accessibilité et réaffirmés dans la loi de février 2005, d’autres tiennent du bon sens pratique. Les personnes déficientes motrices peuvent se fatiguer plus rapidement que les personnes valides. Les efforts effectués pour une même tache sont souvent plus importants. Dans certains cas, les personnes déficientes motrices ne perçoivent pas les frottements, coupures ou coups pouvant advenir à l’occasion d’un contact sur des surfaces rugueuses ou coupantes et la peau peut avoir des difficultés pour cicatriser.

Attitudes clés :

Il faut donner une information fiable, précise et objective de l’accessibilité des lieux et des activités qui doivent permettre à la personne handicapée de juger si elle pourra utiliser la structure de façon autonome ou si elle aura besoin d’aide (pratique sportive ou de loisir mais aussi vie quotidienne : stationnement, toilettes, douches...). L’avis d’une personne handicapée est alors d’une grande utilité car des détails peuvent paraitre anodins aux yeux des valides mais s’avérer préjudiciables. Il ne faut pas hésiter à avoir recours à l’écrit lorsque la communication verbale est difficile. Il faut être attentif, disponible et à l’écoute de la personne mais lui laisser des initiatives et ne pas faire à sa place ou être trop avenant.

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La Déficience Intellectuelle

Quelques chiffres : Plus de 3 millions de personnes souffrent d’une déficience intellectuelle. 25 000 personnes sont licenciées à la Fédération Française de Sport Adapté.

Le handicap mental est un handicap de la compréhension, de la communication et de la décision. Des troubles du comportement peuvent être associés. Il faut toutefois dissocier handicap mental et maladie mentale qui relève de la psychiatrie (handicap mental et maladie mentale peuvent être associés mais ce n’est pas une généralité, il faut être vigilant sur ce point). L’importance de la déficience intellectuelle est variable, le handicap est généralement qualifié de léger, moyen ou lourd. Dans le cas d’un handicap léger, la personne est quasi autonome, elle peut s’adapter relativement bien au monde et n’a besoin que d’une attention un peu plus prévenante. Dans le cas d’un handicap moyen, le rythme est nettement plus lent. La personne peut exécuter seule la plupart des actes courants de la vie quotidienne, mais doit être accompagnée dans ses activités de loisirs (stimulation, aide au choix, aide à la réalisation...). Dans le cas d’un handicap lourd, la personne bénéficie de l’aide d’une tierce personne, son autonomie est très limitée mais doit toutefois être systématiquement encouragée.

A savoir :

En règle générale, faire face à l’inconnu, se situer dans le temps, l’espace, conceptualiser, abstraire, symboliser sont autant d’opérations mentales qui posent problème à ces personnes. Les personnes déficientes intellectuelles ont besoin de temps pour les apprentissages : repérer un trajet, effectuer une tâche... Les personnes déficientes intellectuelles peuvent parfois avoir des attitudes ou des comportements qui semblent curieux, voire déplacés. Les personnes trisomiques, par exemple, sont connues pour avoir une affectivité débordante et expressive. Les personnes déficientes intellectuelles voyagent le plus souvent en famille ou en groupe.

Attitudes clés :

L’accueil de ce public nécessite une approche différente. Il s’agit moins d’adapter des installations que d’avoir un personnel sensibilisé, capable d’apporter une assistance en cas de besoin. Un encadrement supplémentaire doit être envisagé. Pour que la personne déficiente intellectuelle bénéficie de la plus grande autonomie, il lui faut un accompagnement, un soutien qui l’aide à se repérer et à faire ses choix. Quand on s’adresse à une personne déficiente mentale, il est recommandé d’être attentif, de s’exprimer clairement et simplement, d’avoir recours aux phrases simples et affirmatives, de s’appuyer sur des notions concrètes et d’éviter les longues explications verbales. L’utilisation d’une signalétique adaptée basée sur une imagerie simple et compréhensible est un facteur essentiel d’adaptation.

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La Déficience Auditive

Quelques chiffres : Le nombre de personnes déficientes auditives est estimé à 4 millions soit environ 7 % de la population française. 3 000 personnes sont licenciées à la Fédération Française des Sourds de France.

A savoir :

On distingue les personnes sourdes des personnes malentendantes, qui sont plus nombreuses que les premières. Les personnes sourdes : il faut distinguer la personne chez qui la surdité est intervenue tôt au point d’altérer la voix mais qui a développé des modes de compensations (visuelle, olfactive, perception des vibrations...) et celle qui tente de potentialiser les "restes auditifs" et son bagage culturel (importance des notes écrites, plans...). Les personnes malentendantes : elles disposent d’une audition qui leur permet de bénéficier d’aides sonores (appareils auditifs, boucle magnétique...).

Attitudes clés :

Il est toujours utile d’avoir sur soi un papier et un crayon pour écrire ce qui ne semble pas être compris. Les noms propres et les nombres, par exemple, sont difficiles à déchiffrer sur les lèvres. Il est également judicieux de mettre par écrit les consignes et les indications importantes pour éviter toute incompréhension. Quand on s’adresse à une personne déficiente auditive, il est important de lui parler en face, le visage bien éclairé. Elle peut ainsi lire sur les lèvres dans de bonnes conditions. Il ne sert à rien de crier ou d’exagérer l’articulation des mots. Il vaut mieux parler dans un endroit calme, le fond sonore gêne considérablement la compréhension du message. Si un mot n’est pas compris, le répéter de la même manière sans hausser le ton, ne pas chercher de synonyme ou d’infantiliser. Le mieux est d’écrire le mot incompris et de le répéter. Ainsi, la personne mémorisera l’image labiale du mot et le comprendra à l’avenir. La personne déficiente auditive souhaite une information en temps réel, voire anticipée et, dans le cas d’un groupe, il faut veiller à ne pas renvoyer à plus tard l’explication dont bénéficie le groupe. Il est utile de distribuer les programmes, les plans et proposer un papier et un crayon pour que la personne puisse s’exprimer.

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La Déficience Visuelle

Quelques chiffres : La cécité touche environ 0,01 % de l’ensemble de la population française (7 000 personnes). La malvoyance concerne environ 1 % de la population (700 000 personnes). Seuls 10 % des aveugles lisent l’écriture braille. Les sportifs sont licenciés à la Fédération Française Handisport.

Il convient de distinguer les personnes aveugles des personnes malvoyantes. Les personnes aveugles appréhendent le monde principalement par leurs autres sens (toucher, odorat, ouïe, goût). Les personnes malvoyantes voient mal mais conservent des “restes visuels” . Les atteintes prennent des formes multiples. Elles peuvent voir flou comme à travers un brouillard, ne distinguer que des éléments situés sur les bords comme si l’œil avait une tache noire en son milieu ou ne percevoir qu’au centre, comme à travers le trou d’une serrure.

A savoir :

Pour ses déplacements, la personne déficiente visuelle utilise une canne blanche ou un chien guide. La canne blanche balaie le sol de droite à gauche et sert à détecter les obstacles qui s’y trouvent. Cependant, les objets situés en hauteur, sans embase au sol, ne sont pas perceptibles et, de ce fait, représentent un réel danger. Le chien guide a été éduqué afin d’éviter les obstacles. C’est le maître qui guide le chien et lui indique les directions vers lesquelles il souhaite se rendre. Dans les lieux publics, on ne peut, sous peine d’amende, refuser l’accès à un chien guide accompagnant son maître. L’écriture en gros caractères convient aux personnes malvoyantes. Des éditions spécialisées ont ainsi fait leur apparition et redonné le goût de lire à celles qui s’en trouvaient privées. L’utilisation de gros caractères contrastés est utile dans les lieux publics, sur les panneaux explicatifs d’un site... et pour les dépliants. Le braille, alphabet tactile, est l’écriture que l’on associe fréquemment aux personnes aveugles. On estime que deux ans sont nécessaires pour l’apprendre et être en mesure de le lire et l’écrire convenablement. Toutes les personnes aveugles ne lisent pas le braille, notamment lorsque le handicap est survenu tardivement. Elles peuvent également avoir recours aux cassettes enregistrées ou aux nouvelles technologies (machine à lire, informatique couplée à une synthèse vocale...)

Attitudes clés :

Lorsque l’on accompagne une personne déficiente visuelle, il est préférable de se présenter, de même qu’il convient de l’avertir quand on la quitte. Si la personne est accompagnée, il faut s’adresser directement à elle. Pour guider la personne, il faut lui proposer votre coude, elle s’en saisira et marchera légèrement derrière vous. Si elle cherche un siège, il faut l’accompagner jusqu’à celui qui est libre et le lui indiquer en posant sa main sur le dossier. Dans un escalier, il faut la prévenir lorsqu’elle aborde la première et la dernière marche. Pour renseigner la personne déficiente visuelle, le cadran d’une montre est souvent utilisé comme repère : « vous avez une chaise à dix heures », « les vestiaires sont à trois heures ».

Sources :
- Tourisme et Handicaps : Etude de marché de la population handicapée face à l’offre touristique française
- guide de savoir-faire, Agence Française de l’Ingénierie Touristique, 2001
- Mission d’ingénierie touristique Rhône alpes

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